L'influence d'Ilan

 

Une mi-temps a suffi à Ilan pour poser son empreinte sur le match et former un joli duo avec Sanogo.

 

Même blessés, certains joueurs trouvent toujours le moyen de se faire remarquer. C'est le cas d'Ilan. En délicatesse avec sa cuisse, le Brésilien fut l'un des grands absents du début de saison. Sa dernière en vert, comme il le clame haut et fort, sachant qu'il lui reste moins d'un an de contrat.

 

Privé de terrain, ne pouvant pas s'exprimer balle au pied, il s'est illustré d'une autre manière, en prenant la parole. Égal à lui-même, il a dit tout ce qu'il avait sur le cœur, pointant du doigt notamment le manque d'ambition du club stéphanois. Des propos de nature à faire grincer quelques dents dans les couloirs de L'Etrat.

 

Depuis, l'ASSE a recruté trois nouveaux joueurs… et récupéré quasiment tous ses blessés.

 

Ilan était le premier d'entre eux à faire sa rentrée.

 

Bergessio et Fernandez pas encore qualifiés, son retour faisait office de petite attraction. On attendait de lui qu'il amène cette fameuse touche technique, du liant entre les lignes, une certaine faculté à jouer vers l'avant.

 

Avec le Sud-Américain à ses côtés et en soutien, Sanogo devait se sentir moins seul.

 

Mais avant d'enfiler l'habit traditionnel d'organisateur, Ilan voulait d'abord essayer celui de buteur. Trente secondes de jeu et sa frappe était contrée par Paillot.

 

Le Brésilien était dans tous les bons coups. C'est lui qui se jetait comme un mort de faim sur un ballon à peine relâché par Viviani (15e). Lui encore qui prenait sa chance de loin pour une frappe trop aérienne (12e). A défaut de se montrer efficace, il avait au moins le mérite d'être spectaculaire.

 

Avec son sens inné de l'acrobatie, il gratifiait Geoffroy-Guichard de trois bicyclettes, sa spécialité. Le tout à cinq minutes d'intervalle. La première était manquée (16e), les deux autres inachevées (17e et 21e). Tant pis, c'était bien tenté.

 

 

Comme il en a l'habitude, au fil des minutes, Ilan décrochait de plus en plus. Il revenait dans le rond central, voire parfois un peu plus bas, pour chercher les ballons. C'était pour mieux combiner avec Bouba Sanogo.

 

Pour leur première ensemble, les deux hommes se trouvaient presque les yeux fermés. A toi, à moi. La preuve avec cette offrande de l'Ivoirien sur lequel son compère était trop court (29e) ou encore avec ce double « une deux » qui transperçait la défense iséroise de part en part. Ilan s'écroulait au point de penalty, M. Bré ne se laissait pas abuser.

 

Juste avant de rentrer aux vestiaires, dans un rôle obscur qu'on lui connaît moins bien, il allait arracher un dernier ballon dans les pieds grenoblois. C'était l'ultime fait d'arme de sa soirée bien remplie même si elle était à « mi-temps ».

 

Trahi par ses adducteurs, le Brésilien, remplacé par Gelson au repos, ne revenait pas sur le terrain. Son ombre allait planer tout au long de la seconde période. Ça veut tout dire.

 

Thomas Dutang

Le Progrès



Article ajouté le 2009-08-30 , consulté 9 fois

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