L'analyse de Robert Herbin
« La rencontre a commencé comme il le fallait puisque nous avons marqué rapidement.
Par la suite, on s'est efforcé de tenir.
Ce fut un match réaliste, collectif et finalement assez bien léché de notre part.
Il y avait un certain rythme.
À l'arrivée, cette victoire encourageante est totalement méritée face à une équipe monégasque qui avait obtenu des résultats satisfaisants jusque-là.
Même si en seconde période, le ballon était beaucoup plus dans les pieds des Monégasques, ça tournait en rond.
En général, on a développé un jeu en contre qui fut beaucoup plus rapide que celui pratiqué par les locaux.
Les deux attaquants ont marqué, c'est bien. Ils se montrent efficaces. Je trouve ça très intéressant pour la suite.
La défense a également semblé beaucoup plus stable.
Même s'il a réalisé un match de rentrée satisfaisant, sans plus, Loïc Perrin apporte une sorte de confiance. Il rassure.
Il était opportun de le faire reprendre sur un match comme celui-ci.
Car quand on joue à Monaco, on est certain de ne pas subir la pression.
Samedi, tous les joueurs ont beaucoup donné.
On ne peut pas dire qu'un joueur a sauvé le match ou qu'un autre l'a raté.
Malgré quelques erreurs, ce fut un match plein, avec un bon bloc.
On a ressenti de la solidarité, du plaisir. Le plaisir que l'on peut avoir à créer quelque chose ensemble. Or comme le football est un sport collectif, je pense que l'équipe est sur la bonne voie.
Techniquement, on a pu développer du jeu et cela ne peut que contribuer à faire progresser le groupe.
Un gros match arrive samedi avec la réception de Bordeaux. Je souhaite qu'on le réussisse. Même si on devait le perdre, j'attends une confrontation quasiment équilibrée.
Je crois que l'équipe est armée pour ça, d'autant plus que ce succès à l'extérieur doit lui conférer davantage de confiance.
Et un résultat positif le week-end prochain lui donnerait encore plus d'assurance ».
Propos recueillis par Thomas Dutang
Le Progrès
« Il y a eu une bonne prestation de la part de nos Verts. En raison des événements qui se sont passés à Nice durant la semaine, j'ai l'impression que cette équipe niçoise manquait un peu d'âme. L'âme d'une équipe, sa solidité se crée à travers sa défense. Ce n'était pas le cas de Nice. Cela dit, la nôtre n'a pas été rayonnante non plus.
Cette équipe avait tout sauf l'air d'être une véritable équipe, très solidaire. Il y avait des efforts individuels mais ils étaient vulnérables et nous avons su en profiter. C'est bien mais par rapport aux rencontres de championnat, il n'y avait aucune rigueur de la part des Niçois. Cette saison, cette équipe risque d'y avoir droit !
Pour en revenir aux Verts, ils se sont montrés assez sérieux d'autant plus qu'il y avait une sorte d'esprit de revanche par rapport au match de championnat.
Le premier but a été décisif. En première période, avant que nous ne prenions l'avantage, les Niçois avaient eu une ou deux occasions mais dès que nous avons ouvert le score, Nice ne s'est plus comportée en équipe. Chacun agissait à sa manière, sans grande cohésion. En une mi-temps, on avait fait le plus difficile.
Il y a eu de bons enchaînements de la part des Verts. Les Argentins semblent bien s'adapter et cela, c'est du positif. Maintenant, je tiens toujours compte du résultat par rapport à ce que montre l'adversaire. Là, il faut être mesuré, avoir un jugement relatif. Les joueurs peuvent être satisfaits de leur victoire car elle est nette et sans bavure. Mais il va falloir se replonger dans le championnat et savoir ce qui nous attend lors des deux prochains matches. Ce sera d'un autre acabit.
Il est difficile de juger notre défense car les Niçois n'ont fait que quelques incursions chez nous. Mais dans les premières minutes, nous avons été un peu secoués par des actions individuelles. Ensuite, notre meilleure maîtrise nous a permis de nous imposer.
Ce Bergessio est un joueur intéressant, c'est un buteur dans l'âme. Il a eu une bonne complicité avec Sanogo. C'est un chasseur de but. C'est un argument très utile dans une équipe. Il mobilise systématiquement deux adversaires.
Je l'ai croisé il y a quelques jours au centre de formation. Il est venu me dire bonjour et m'a donné une bonne poignée de mains. A travers ce geste, on sent que c'est quelqu'un de franc de nature.
On se réjouit aussi du retour de Loïc Perrin, en souhaitant que cette fois-là soit la bonne. C'est un garçon qui réfléchit pour les autres et je suis convaincu que ça pourrait être le patron de la défense.
Le match contre Monaco sera un test révélateur sur l'avenir de notre saison car cette équipe nourrit des ambitions. »
Recueilli par Yves Verrière
Le Progrès
« Vulnérables en défense centrale »
« Cette défaite est une désillusion. Elle a provoqué une réaction du public.
Je la comprends un peu. Trois défaites en trois matchs dont deux à domicile, ce n'est pas encourageant. Mais il faut relativiser et ne pas dramatiser.
Ce sont des réactions spontanées. Cela ne me semble pas profond, c'est la réaction normale d'un public qui attend davantage. Il suffirait d'un bon match contre Grenoble pour que ça reparte.
Cette équipe a besoin de se stabiliser. Il y a un effort à faire sur le plan défensif.
Nous sommes vulnérables en défense centrale et ça, c'est très gênant pour l'efficacité d'une équipe. N'importe quelle formation qui veut grandir et progresser doit s'appuyer sur une défense rigoureuse, attentive.
Des bêtises comme samedi, ça ne pardonne pas. Une faute d'inattention, un mauvais placement, un décalage et hop. Boulogne fait partie de ces équipes qui viennent d'abord pour prendre un point.
Leur objectif premier n'est pas de marquer. Il faut être d'autant plus vigilant derrière. C'est l'une de nos lacunes car ce n'est pas la première fois que l'on prend ce genre de but dans l'axe. Cela devient ennuyeux et je ne sais pas s'il y a une solution pour résoudre ce problème.
Après forcément tout devient compliqué.
Dans le jeu, nous avons eu la possession du ballon beaucoup plus longtemps mais j'ai l'impression qu'on joue un peu à la passe à dix. On tournicote, on fait des passes redoublées, en retrait, je ne sais quoi. Comme les adversaires sont repliés, ça tourne en rond et les espaces se ferment. En seconde période, les Boulonnais ont encore plus reculé, ils ont fini à dix et pourtant il y a eu très peu de tirs de notre part. On n'a pas su mettre la pression suffisante. Les visiteurs étaient onze dans leurs trente mètres, ça ne passait plus. Il aurait fallu tirer davantage au but.
Je trouve que les joueurs sont mal échelonnés sur le terrain. Il y a quatre attaquants qui font la même proposition, deux ou trois milieux de terrain qui portent le ballon.
Il n'y a pas de décrochages. Je veux dire par exemple deux joueurs sur le côté droit, l'un décroche, l'autre fait un appel. Le coup d'après c'est l'inverse.
Sur le plan individuel, j'ai bien aimé les deux défenseurs latéraux, Varrault et Andreu.
De son côté, Matuidi s'est encore beaucoup démené.
Sanogo m'a plu également. Je l'ai pas mal observé, son entrée fut très positive et très intéressante.
Il est à la fois collectif et capable d'actions individuelles. Maintenant il doit confirmer. C'était son premier match, il était hyper motivé. J'espère qu'il pourra fournir la même prestation à chaque match ».
Propos recueillis par T.D.
Le Progrès