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L'accumulation de blessures qui fait suite à une semaine à trois matches ne vous inquiète pas ?
Non. Il y a eu des temps de récupération puisque les blessures sont intervenues mercredi. Ce sont des cas ponctuels, c'est la loi des séries.
Ne risquez-vous pas d'avoir des problèmes au niveau des latéraux ?
Perrin, Varrault et Dabo sur le flanc, cela complique un peu l'organisation défensive. C'est dommage car, à Monaco, j'avais senti des choses intéressantes de la part de Loïc.
Allez-vous mettre en place un protocole particulier pour lui ?
Il faut vraiment faire des examens approfondis.Ce ne sont pas des récidives car les blessures ne sont pas aux mêmes endroits. Il y a sûrement un problème particulier.
Ces pépins gâchent un peu une semaine positive.
Nous avons connu une semaine intéressante au niveau des résultats, c'est vrai.Nous recevons les champion s de France qui, derrière un match de Coupe d'Europe, vont sûrement incorporer des joueurs frais. Mais, on connaît leurs qualités.Bordeaux est une équipe de Ligue des Champions, on sait ce que cela signifie.
Il faudra faire un grand match face à une formation qui est sur une série d'invincibilité impressionnante. C'est remarquable.
Votre défense amoindrie, cela ne risque-t-il pas de vous rendre plus frileux ?
Non car j'ai des solutions de rechanges.J'ai en tête l'équipe qui débutera samedi. Elle sera cohérente, nous permettra de conserver nos valeurs.
Une victoire effacerait votre mois d'août catastrophique?
Non, nous sommes toujours déficitaires. Nous sommes condamnés à un exploit contre Bordeaux.A domicile, nous devons réussir des perfs contre les deux ou trois équipes plus fortes que nous. Nous allons batailler pour prendre trois points. Si nous n'y arrivons pas, nous essaierons d'en prendre un. Bordeaux est solide dans tous les secteurs, très fort sur les coups de pieds arrêtés.Nous devons nous surpasser, faire le maximum pour le faire chuter. C'est un challenge.
>>Comment allez-vous vous y prendre ?
Il faut bien les contrôler, être présents sur les coups de pied arrêtés.Bordeaux est une équipe joueuse, il convient d'être performant dans notre capacité à mener des attaques rapides. Lorsqu'elle perdra le ballon, il faudra vite enchaîner pour éviter le repli défensif.
>>L'absence de Gourcuff ?
De toute manière, il n'aurait pas joué. Je ne vais pas donner toutes les informations de ce que j'ai pu comprendre à son fonctionnement car il pourrait déjouer mes pronostics mais Laurent Blanc possède un plan B. On connaît tous l'équipe type, il y en a une autre sans Gourcuff. Il appliquera ce plan B contre nous car il n'a pas vraiment le choix.Mais ce Bordeaux là reste très performant. Les équipes de Ligue des Champions ont un effectif pour jouer sur deux tableaux.
>>Vous signeriez pour un nul?
Avant le déplacement à Monaco je disais qu'il nous fallait au minimum deux, voire trois points, sur les matches à venir. Nous en avons trois, un de plus serait du bonus.
Recueilli par Jacky Clavel
Le Progrès
Le Brésilien a hâte d'être associé au duo Sanogo-Bergessio
>>Vous avez joué un quart d'heure en Principauté. C'était votre grand retour après plusieurs semaines d'absence.
C'est quand même compliqué de rentrer comme ça en cours de match. Mais on a su marquer les esprits, nos esprits aussi. On a réussi à faire un bon match et à marquer un but dans les dernières minutes. Ce n'était pas le cas la saison dernière. On sent que quelque chose a changé sur le terrain. Il y a beaucoup de bonnes choses. Continuons à progresser sur cette lancée.
>>Peut-on parler de déclic ?
Je crois que le déclic remonte plutôt au match du milieu de semaine contre Nice en Coupe de la Ligue. Monaco, ce fut la continuité. Maintenant, il faut garder cet état d'esprit et confirmer ce que l'on a commencé à faire de bien.
>>En début de saison, vous réclamiez des renforts de qualité. Avec l'arrivée du duo Sanogo-Bergessio, vous devez être comblé, non ?
Je ne suis pas le demandeur. Je veux seulement qu'il y ait toujours de la qualité dans le groupe. Bergessio et Sanogo se sont très vite intégrés. J'espère qu'on pourra jouer tous ensemble, comme ça on sera plus fort.
>>Une association à trois est-elle possible ?
Oui, je crois qu'on peut faire quelque chose ensemble. Je ne jouerai pas sur le côté, ce n'est pas mon rôle. Mais, par contre, je peux évoluer en dessous des deux ou en tournant autour de Sanogo et Bergessio. Je suis habitué à jouer à ce poste, j'aime bien. Même quand je suis aligné devant, je reviens un peu au milieu de terrain pour essayer de faire le jeu. Je joue alors comme un numéro 10, tout en étant à la conclusion des actions. De toute façon, tout est faisable quand on a des joueurs de qualité, qui sont intelligents dans leurs déplacements.
>>Est-ce que l'entraînement suffit pour trouver les automatismes ?
Ça commence. Ce sont des gens intelligents dans leur façon de jouer. Nous sommes très différents tous les trois, c'est quelque chose qui aide aussi. Cela veut dire qu'on connaît à peu près les mouvements des uns et des autres.
>>Samedi, l'affiche est belle avec la réception du leader bordelais.
Ce sont toujours des bons matchs à livrer. Si on a peur de jouer contre eux, il faut rester à la maison. Nous savons que c'est une équipe qui laisse un peu jouer l'adversaire car, de son côté, elle aime aussi jouer.
>>Qu'est-ce qui vous impressionne le plus chez les Girondins ?
Ils ont des individualités qui peuvent faire la différence et le collectif qui est très fort aussi. C'est ce qui fait leur force. Il faudra essayer d'annuler leurs lancements d'attaques.
>>Estimez-vous que c'est la meilleure équipe de Ligue 1 ?
Peut-être effectivement que c'est la meilleure aujourd'hui. Les Bordelais jouent ensemble depuis très longtemps. À l'intersaison, ils ont gardé presque tout leur effectif. C'est très important quand on veut enchaîner.
>>Face à une formation invaincue depuis bientôt sept mois, vous aurez forcément l'étiquette d'outsider.
Normalement, le favori c'est Bordeaux parce qu'ils sont champions. Mais si vous leur posez la question, ils vous répondront que c'est du 50/50.
>>La dernière défaite des Girondins remonte au 7 mars. Le défi qui vous est proposé est énorme.
Avant de penser à Bordeaux, il faut d'abord qu'on pense à nous et qu'on fasse un bon match.
>>Le fait qu'ils aient joué mercredi en League des Champions peut-il constituer un avantage sur le plan physique ?
C'est un avantage mais cela peut être aussi un désavantage. Il ne faut pas trop se fier à ça. Les Bordelais vont pouvoir rester dans le rythme. Même s'ils sont un peu plus fatigués, parfois cela ne change pas grand chose. Ils peuvent aussi avoir des blessés même si je ne le souhaite pas.
>>Bordeaux compte quatre joueurs brésiliens dans ses rangs. Vous les connaissez bien ?
On se connaît tous. Wendel, Jussiê... ce sont des footballeurs techniques qui aiment jouer, avoir le contact avec le ballon.
>>Pensez-vous qu'une victoire samedi remettrait les compteurs à zéro ?
Cela n'effacera pas notre début de saison car on a perdu des points. Il faut continuer à en prendre. Quand on aura récupéré des points à l'extérieur, on pourra dire qu'on repart mais là c'est encore tôt.
Thomas Dutang
Le Progrès
Retrouvez le programme des huitièmes de finale de la Coupe de la Ligue : Saint-Etienne-Marseille, Sedan-Clermont, Lyon-Metz, Guingamp-PSG, Le Mans-Bordeaux, Lens-Lorient, Toulouse-Nancy et Lille-Rennes.
COUPE DE LA LIGUE / 8EMES DE FINALE
Saint-Etienne - Marseille
Une mi-temps a suffi à Ilan pour poser son empreinte sur le match et former un joli duo avec Sanogo.
Même blessés, certains joueurs trouvent toujours le moyen de se faire remarquer. C'est le cas d'Ilan. En délicatesse avec sa cuisse, le Brésilien fut l'un des grands absents du début de saison. Sa dernière en vert, comme il le clame haut et fort, sachant qu'il lui reste moins d'un an de contrat.
Privé de terrain, ne pouvant pas s'exprimer balle au pied, il s'est illustré d'une autre manière, en prenant la parole. Égal à lui-même, il a dit tout ce qu'il avait sur le cœur, pointant du doigt notamment le manque d'ambition du club stéphanois. Des propos de nature à faire grincer quelques dents dans les couloirs de L'Etrat.
Depuis, l'ASSE a recruté trois nouveaux joueurs… et récupéré quasiment tous ses blessés.
Ilan était le premier d'entre eux à faire sa rentrée.
Bergessio et Fernandez pas encore qualifiés, son retour faisait office de petite attraction. On attendait de lui qu'il amène cette fameuse touche technique, du liant entre les lignes, une certaine faculté à jouer vers l'avant.
Avec le Sud-Américain à ses côtés et en soutien, Sanogo devait se sentir moins seul.
Mais avant d'enfiler l'habit traditionnel d'organisateur, Ilan voulait d'abord essayer celui de buteur. Trente secondes de jeu et sa frappe était contrée par Paillot.
Le Brésilien était dans tous les bons coups. C'est lui qui se jetait comme un mort de faim sur un ballon à peine relâché par Viviani (15e). Lui encore qui prenait sa chance de loin pour une frappe trop aérienne (12e). A défaut de se montrer efficace, il avait au moins le mérite d'être spectaculaire.
Avec son sens inné de l'acrobatie, il gratifiait Geoffroy-Guichard de trois bicyclettes, sa spécialité. Le tout à cinq minutes d'intervalle. La première était manquée (16e), les deux autres inachevées (17e et 21e). Tant pis, c'était bien tenté.
Comme il en a l'habitude, au fil des minutes, Ilan décrochait de plus en plus. Il revenait dans le rond central, voire parfois un peu plus bas, pour chercher les ballons. C'était pour mieux combiner avec Bouba Sanogo.
Pour leur première ensemble, les deux hommes se trouvaient presque les yeux fermés. A toi, à moi. La preuve avec cette offrande de l'Ivoirien sur lequel son compère était trop court (29e) ou encore avec ce double « une deux » qui transperçait la défense iséroise de part en part. Ilan s'écroulait au point de penalty, M. Bré ne se laissait pas abuser.
Juste avant de rentrer aux vestiaires, dans un rôle obscur qu'on lui connaît moins bien, il allait arracher un dernier ballon dans les pieds grenoblois. C'était l'ultime fait d'arme de sa soirée bien remplie même si elle était à « mi-temps ».
Trahi par ses adducteurs, le Brésilien, remplacé par Gelson au repos, ne revenait pas sur le terrain. Son ombre allait planer tout au long de la seconde période. Ça veut tout dire.
Thomas Dutang
Le Progrès